Parle avec elle réalisé par Pedro Almodovar

Parle avec elle réalisé par Pedro Almodovar
L'histoire :

Benigno, un jeune infirmier, et Marco, un écrivain d'une quarantaine d'années, se rendent, chacun de son côté, à un spectacle de Pina Bausch, Café Müller. Ils sont assis l'un à côté de l'autre. La pièce est si émouvante que Marco éclate en sanglots. Apercevant les larmes de son voisin, Benigno aimerait lui faire part de son émotion, mais il n'ose pas. Quelques mois plus tard, les deux hommes se retrouvent dans d'autres circonstances, à la clinique El Bosque, où travaille Benigno. Lydia, la petite amie de Marco, torero professionnel, est plongée dans un profond coma suite à un accident survenu lors d'une corrida. Benigno, quant à lui, est au chevet d'Alicia, une jeune danseuse également dans le coma.

Avis :

Je ne suis pas un grand fan d'Almodovar mais je ne peux pas ne pas parler de son grand talent. Réalisateur d'un cinéma particulier, qui rebute autant qu'il attire, ses œuvres ne laissent jamais sans réactions. « Parle avec elle » est l'une de ses œuvres qui m'a le plus marqué. L'histoire complexe de destin qui se croise, dans cet hôpital a provoqué chez moi de nombreuses émotions car lorsque l'on visionne un film d'Almodovar, on parle bien d'émotions. Abordant dans ses films la plupart des sujets épineux qui existent, il leurs insuffle toujours une part d'humanité qui remet en cause les idées prés conçues que l'on pouvait se faire. Inutile de vous dire que la réalisation et le montage sont, dans la grande tradition de ses films, léchés au possible. Les personnages sont interprétés avec finesse et brios par des acteurs dont on ressent la grande motivation. On peut reprocher au film certaines scènes inutiles qui coupent un peu la dynamique et le rythme de celui-ci et qui ont comme conséquence d'alourdir l'histoire qui n'a aucunement besoin de tant d'éléments. Malgré cela, je conseille vraiment ce film pour tous ceux qui connaissent très peu le cinéma espagnol et en particulier celui d'Almodovar et qui voudrait s'y mettre. Celui-ci est une parfaite introduction.

# Posté le mercredi 22 février 2006 13:53

Bernie réalisé par Albert Dupontel

L'histoire :

Quand il quitte l'orphelinat, Bernie Noël est âgé de trente ans. Il n'a qu'un seul but : connaître ses origines. Commence alors un parcours semé d'embûches pour ce garçon névrosé et déconnecté du monde réel qui va semer le désorde partout où il passera.

Avis :

Totalement déjanté et aussi corrosif que marrant, ce film à l'humour noir acerbe est génial. Le Genre d'humour que soit on adore soit on déteste mais qui ne laisse pas de marbre. Certains passeront totalement à côté de ce film alors que d'autres comme moi, rigoleront. Dupontel, dont je suis un fan absolu, excelle dans le rôle titre de « Bernie ». Bernie ou le personnages le plus violent, le plus inconscient et le plus maniaquement hilarant qui m'est été donné de voir. Presque à la manière d'un « C'est arrivé près de chez vous », cette oeuvre navigue entre dialogues percutants, scènes ultra gores et portraits de personnages complètement dingues. Grâce à un travail de perfectionniste, il réussit au fur et à mesure à trouver son propre rythme, son propre caractère et à nous scotcher à cette histoire amère et glauque de cet enfant abandonné dans une poubelle qui recherche sa famille. Saluons aussi la réalisation et le montage, fait avec très peu de moyens, mais qui sont une vraie leçon de cinéma pour tout cinéphile averti. Pour le détester ou l'adorer, je vous conseille sa vision.

# Posté le mercredi 22 février 2006 13:16

Modifié le jeudi 07 juin 2007 05:17

Casino réalisé par Martin Scorsese

Casino réalisé par Martin Scorsese
L'histoire :

Dans les annees soixante-dix à Las Vegas, Ace Rothstein dirige d'une main de fer l'hôtel-casino Tangiers, financé en sous-main par le puissant syndicat des camionneurs. Le Tangiers est l'un des casinos les plus prospères de la ville. Impitoyable avec les tricheurs, Rothstein se laisse un jour séduire par une virtuose de l'arnaque d'une insolente beauté, Ginger McKenna. Amoureux, il lui ouvre les porte de son paradis et l'épouse. Ses ennuis commencent alors.


Avis :

Quelques années après les affranchis Scorsese reprend Joe Pesci et Robert De Niro dans des rôles similaires mais un univers différent. S'inspirant de faits réels, le maître Scorsese construit une intrigue autour de l'argent et du pouvoir dans la ville qui le symbolise le mieux : Las Vegas. Se qui surprend dans un premier temps, c'est le choix judicieux des voix-off des personnages qui expliquent tour à tour leurs différents points de vue. Les voix s'imbriquent pour rendre le récit dynamique et prenant. Quel plaisir, d'entendre la voix de De Niro ou Pesci, commentant leurs propres déchéances. Bien sur « Casino » dure 170 minutes et je comprends que certains soient rebutés mais comment faire plus court lorsqu'on s'appelle Scorsese, qu'on a du talent et qu'on veut réaliser une fresque réaliste sur le Las Vegas des années 70. Mais comment passer à côté de ce chef-d'œuvre ? (Beaucoup le considérant comme son meilleur) Au niveau de la mise en scène, le réalisateur la maîtrise avec une incroyable virtuosité (chaque plan, chaque photo est minutieusement travaillée pour atteindre un souci de perfection). Perfection de la réalisation donc, le tout pimentait par une poignée de scènes d'une violence extrême. La scène finale est d'ailleurs l'unes des plus violentes que je connaisse (âmes sensibles s'abstenir). On ne peut que rester béat d'admiration devant la précision de la caméra avec ces longs travellings minutieux (on les retrouve d'ailleurs dans « Aviator » du même réalisateur). Enfin l'un des meilleurs films du Sieur Scorsese.

# Posté le samedi 18 février 2006 11:05

Modifié le jeudi 07 juin 2007 07:32

Hana-Bi réalisé par Takeshi Kitano

Hana-Bi réalisé par Takeshi Kitano
L'histoire :

Terriblement traumatisé par la fin prochaine de sa femme et la paralysie d'un de ses collegues, blessé au cours d'une fusillade, le détective Nishi quitte la police. Il va commettre un hold-up pour soulager les miseres de ceux qui l'entourent. La sérénite du dernier voyage qu'il entreprend avec sa femme, vers le mont Fuji, va etre brisée par l'arrivée de yakusas vengeurs.

Avis :

Toute la finesse du cinéma de Kitano ressort dans cette oeuvre violente, poétique et mélancolique. Scénario rempli d'une émotion palpable, finesse de la réalisation tout en subtilités, sans oublier des acteurs magnifiques dans des rôles forts, on peut le dire, on est bien devant un petit chef d'oeuvre. Une belle démonstration de l'inspiration actuelle d'un cinéma asiatique en plein essor. Entre la violence extrême et l'humour japonais omniprésent qui servent une poésie et une sensibilité particulière, Kitano construit son récit sans fausse note avec un rythme parfait bien que lent. On suit le personnage principal sans que notre attention se relâche. Autre point intéressant : la photographie particulière du film qui lui donne un caractère propre. Un cinéma vraiment subtil qui mérite qu'on s'y intéresse.

# Posté le samedi 11 février 2006 10:19

Serpico réalisé par Sidney Lumet

Serpico réalisé par Sidney Lumet
L'histoire :

Policier intègre, Serpico lutte contre la corruption généralisée au sein de la police new-yorkaise. Après un guet-apens tendu par ses collègues, qui faillit lui coûter la vie, il démissionne, vaincu et écoeuré par le système.

Avis :

« Serpico » s'est avant tout un grand numéro d'acteur, avec un Al Pacino au sommet de sa forme. Barbe, cheveux hirsutes, ce personnage possède un charisme et un caractère propre intéressant, un rôle de composition pour le maître. Bien sur, le film a vieilli et le look du personnage principal est un petit peu suranné mais il garde un certain charme. Evitant de tomber dans la caricature, le cliché et le manichéisme, cette œuvre s'évertue à peindre le portrait d'un homme intègre qui essaye de combattre un système pourri jusqu'à l'os. L'atmosphère est criante de réalisme et on se laisse facilement happer par l'histoire simple mais bien construite. On peut reprocher à ce film, si on cherche bien, une mauvaise utilisation de la tension dramatique avec des scènes où le manque de souffle est palpable mais elles ne sont pas nombreuses. Néanmoins, « Serpico » reste un très bon film que je conseille aux fans de Pacino mais aussi aux autres.

# Posté le samedi 11 février 2006 09:58