Layer cake réalisé par Matthew Vaughn

Layer cake réalisé par Matthew Vaughn
L'histoire :

"XXXX", un dealer de cocaïne respecté au sein de l'élite de la mafia anglaise, désire prendre sa retraite. Mais Jimmy Price, un grand ponte du milieu, lui confie une mission difficile : retrouver la fille aînée de son vieil ami Eddie Temple, un puissant criminel...

Avis :

Film policier, typiquement anglais, « Layer cake » se veut dans la droite lignée des polars noirs à la Scorcese ou Ritchie. Pourvu d'un casting classieux avec en tête Daniel Craig (très charismatique), « Layer cake » nous entraîne dans une affaire complexe liée à la drogue. Ce film, agréable à regarder grâce à une réalisation dépourvue d'originalité mais de bonne facture, réussit avec peine à nous scotcher. La faute à un scénario se voulant complexe (multiples retournements de situation, grand nombre de personnages secondaires ...) et inutilement alambiqué se qui occasionne quelquefois une impression de sur-place. On peut aussi reprocher au film son manque évident de caractère. Durant les nombreuses scènes, celui-ci visite de nombreux registres (psychologie avec le remord, comédie, film noir ...) sans vraiment en trouver un qui lui convient. L'hétérogénéité n'est pas un défaut, mais dans le cas présent, cela tourne au ridicule car certaines scènes sont totalement inutiles. On peut rajouter que la tension habituelle dans ce genre de film est très mal distillée. La fin salvatrice qui se veut original, à du mal à réellement trouver sa place. Un film juste moyen.

# Posté le mercredi 08 février 2006 14:37

Modifié le jeudi 07 juin 2007 05:16

I love Huckabees réalisé par David O. Russell

I love Huckabees réalisé par David O. Russell
L'histoire :

Albert Markovski vit une série de coïncidences troublantes dont le sens lui échappe. Avec l'aide de deux detectives "existentiels", Bernard et Viviane Jaffe, Albert analyse sa vie, ses relations amoureuses, et son conflit avec Brad Stand, un jeune cadre dynamique et ambitieux chez Huckabees. Lorsque Brad engage les mêmes détectives qu'Albert, ceux ci commencent à creuser dans son apparente vie parfaite et dans sa relation avec sa petite amie Dawn Campbell qui travaille aussi chez Huckabees.

Avis :

« I love Huckabees » fait sourire, rire, et soulève LA question que tout le monde se pose : La vie et notre société sont cruelles, notre civilisation est vouée à foncer dans le mur, mais sachant qu'on meurt tous un jour, est-ce que ça vaut la peine de s'en préoccuper ? Flottant sur ses délires philosophiques, ses numéros d'acteurs et sa fantaisie visuelle, le film de David O'Russell rayonne, explose et distille, avec cynisme, "l'émotion" dans chacune de ses séquences ! Jude Law, Mark Walhberg, Naomi Watss, Dustin Hoffman, Isabelle Huppert et Jason Schwartzman forment une troupe hétérogène et homogène à la fois : hétérogène dans leurs personnages, homogènes dans leurs folies ! Esquisse cocasse et néanmoins touchante d'interrogations humaines exacerbées par notre société, « I love Huckabees » nous maintient tout le long entre deux émotions mais nous rapproche surtout d'un réalisateur singulier. C'est parfois trop bordélique et improbable, la farce métaphysique est de temps en temps indigeste, mais le grain de folie assumé et radical rend euphorique. Ne vous attendez pas à un film qui égratigne certains modèles de notre société ou à une critique (sur l'écologie, la psychanalyse, l'hypocrisie du marketing ...) mais à un film plutôt bien foutu avec un bon casting et un scénario agréable mais léger.

# Posté le samedi 04 février 2006 11:12

Modifié le mercredi 08 février 2006 13:56

La grande bouffe réalisé par Marco Ferreri

La grande bouffe réalisé par Marco Ferreri
L'histoire :

Quatre amis gourmets et gourmants s'enferment tout un week-end à la campagne et organisent une "bouffe" funeste gigantesque.

Avis :

Comédie tragique et crue, critique féroce de la société du bien-être et de la consommation, « La Grande bouffe » a été un succès retentissant auprès du public, bien que très mal accueilli à Cannes (le seul film sifflé du festival). Film sorti en 1973, réunissant des figures du cinéma international (Mastroianni, Piccoli, Noiret...), satire sociale violente contre la bourgeoisie et notre société, avec son scepticisme poussé à l'extrême sur un scénario totalement décalé : le tout donne une œuvre qui fait grincer encore aujourd'hui, la problématique étant d'autant plus actuelle. Bien qu'ayant perdue en partie son côté novateur et dérangeant (les tabous et les provocations du réalisateur n'ont pas le même impact qu'à l'époque), l'ensemble est de bonne facture, mais on comprend très vite où Marco Ferreri veut en venir : aller toujours plus loin dans le politiquement incorrect pour servir la cause de son film. Considéré aujourd'hui comme un chef d'œuvre, je n'irais pas jusqu'à lui donner ces lettres de noblesse. Le film, après la surprise du début et quelques scènes d'anthologies, perd progressivement de son intensité dramatique pour aller irrémédiablement à une conclusion funeste mais logique. Un film néanmoins à voir pour l'originalité et la bonne humeur des acteurs.

# Posté le samedi 04 février 2006 07:47

L'effet papillon réalisé par Eric Bress, J. Mackye Gruber

L'effet papillon réalisé par Eric Bress, J. Mackye Gruber
L'histoire :

Une théorie prétend que si l'on pouvait retourner dans le passé et changer quelques détails de notre vie, tout ce qui en découle serait modifié. On appelle cela "l'effet papillon". Evan Treborn a cette faculté. Fasciné, il va d'abord mettre ce don au service de ceux dont les vies ont été brisées dans leur enfance. Il peut enfin repartir dans le passé et sauver la seule jeune fille qu'il ait jamais aimée.

Avis :

« L'Effet papillon » fait partie de cette catégorie de films ambitieux partant d'une idée de base intéressante mais qui s'essoufflent (trop) vite. Comme souvent, l'idée astucieuse devient l'objet d'un traitement répétitif et ce jusqu'à l'essoufflement. L'érosion des possibilités, au lieu de créer une tension croissante, tend à anesthésier le spectateur qui se détache progressivement des personnages qui n'existent finalement pas vraiment. A chaque retour dans le passé, les conditions changent mais la dynamique n'est pas très bonne. On finit vite par tourner en rond. Qui plus est, rien ne nous est révélé dans ce film : ni l'origine de ce pouvoir, ni celle des pertes de mémoire du héros (si ce n'est un vecteur héréditaire, ma foi un peu trop facile à mon goût). Ce voyage initiatique à travers le temps possède néanmoins des points positifs, les questions que l'on se pose sur le destin, les incidents, l'existence sur un coup de chance ou de malchance sont des sujets qui soulèvent des problématiques intéressantes. Par contre l'accumulation de "sujets graves" (en vrac : pédophilie, handicaps, prostitution, drogue ...) est vite excessive, surtout que le film est traité d'une façon beaucoup trop clean ce qui fait d'ailleurs dérailler la mécanique du film à quelques occasions (quelques scènes hilarantes !). La réalisation, loin d'être percutante dans toutes les scènes, ne brille pas par son originalité mais a au moins le mérite de ne pas décevoir. L'ensemble, du reste fonctionne plutôt bien jusqu' au moment du dénouement (un « happy end » pour ce film, il fallait oser). On a cette fâcheuse impression que les scénaristes n'ont pas su choisir entre une fin dramatique (tout cela n'était qu'un rêve et finalement il est complètement fou) et une fin heureuse (il a le coup de foudre sur la fille).

# Posté le samedi 28 janvier 2006 09:55

Bullet ballet réalisé par Shinya Tsukamoto

Bullet ballet réalisé par Shinya Tsukamoto
L'histoire :

Jeune cadre falot, Goda apprend un jour en rentrant de son travail que son amie s'est suicidée a l'aide d'un revolver. Errant ivre mort dans un quartier mal famé de Tokyo, il rencontre Chistato, jeune femme énigmatique attirée par la mort. Elle est membre d'un gang qui humilie Goda et le passe a tabac. Pour lui, l'obtention d'un revolver devient alors une véritable obsession. Mais ses tentatives maladroites ne lui apportent qu'humiliations et coups, jusqu'au jour où ...

Avis :

Dérangeant, speed, barbare, métallique, sombre, glauque, déjanté, émouvant, violent, les mots sont nombreux pour qualifier ce film mais celui qui revient sans cesse est avant tout : dérangeant. Montage non conventionnel pour le film le plus abouti de Tsukamoto reprenant l'idée du japon métallique et malsain déjà exploité dans « Tatsuo », (véritable film expérimental déjanté dont la réalisation a été pompé par la plupart des réalisateurs de clips), ce film traite de la violence (via des images chocs mélangeant batailles de gangs, drogues et tueries) mais avant tout de cette génération de jeunes japonais ravagée. Grâce à une originalité scénique renouvelée à chaque instant et ce malgré un scénario pas vraiment prenant et plutôt déroutant, « Bullet ballet » réussit à attirer et à garder notre attention vive. Les images noirs et blancs sont magnifiques et renforcent cette idée, ce mélange entre violence, folie et tristesse. Naviguant entre le trash brute et la beauté voir la volupté, certaines scènes sont sublimes : par exemple, la scène dans le métro où la fille joue sa vie en se tenant en équilibre sur le quai. J'ai beau avoir apprécié le montage, certaines scènes sont néanmoins rébarbatives voir maladroites et les musiques sont tout simplement horribles (ça colle néanmoins bien aux scènes et à l'esprit du tout). Les œuvres de Tsukamoto sont autant appréciées que détestées, que ce soit « Tatsuo » ou ce « Bullet ballet », on adore ou on déteste mais ils ont le mérite de nous faire réagir, de posséder une identité, un caractère propre. Pour ceux en mal de concepts, d'ovnis un peu trash, d'originalité, ce film est vraiment intéressant. Un cinéma un peu difficile mais n'hésitez pas à tenter le coup par curiosité !

# Posté le vendredi 27 janvier 2006 19:18