La Vie aquatique réalisé par Wes Anderson

La Vie aquatique réalisé par Wes Anderson
L'histoire :

Steve Z., le chef de l'équipe océanographique "Team Zissou", sait que l'expédition qu'il conduit est sans doute la dernière, et son plus cher désir est de graver son nom dans l'Histoire. Parmi les membres de son équipe figurent Ned Plimpton, qui est peut-être ? ou peut-être pas ? son fils.Tandis qu'ils affrontent tous les dangers, depuis une mutinerie jusqu'à l'attaque de pirates en passant par un "requin jaguar" plus ou moins imaginaire, Zissou est bien forcé d'admettre que tout ne peut pas être planifié comme il l'aimerait...

Avis :

Surpris! on a que ce mot à la bouche, après avoir vu cet ovni. Oubliez l'humour potache ou l'utilisation de gags éculés, tout est original, on nage même totalement dans le n'importe quoi, mais dans le bon sens du terme. Dotée d'un scénario, comment dire ... particuliers, cette ½uvre de Wes Anderson (qui s'était déjà fait remarqué avec « La Famille Tenenbaum ») part un peu dans tous les sens. Ce "water trip" doux dingue nous entraîne dans la quête décalée d'un pseudo capitaine Cousteau, interprété avec brio par Bill Murray. Sur fond de vengeance contre un requin jaguar et d'images totalement déjantées, l'histoire tombe dans une ironie et une surenchère voulue qui frôle la poésie. Cette comédie amère même si elle n'est pas dénuée de longueurs et de scènes un peu rébarbatives, garde un charme particulier. Loin du sans-faute donc, même si on passe un agréable moment.

# Posté le jeudi 26 janvier 2006 07:22

Modifié le samedi 04 février 2006 07:16

La légende du grand judo réalisé par Akira Kurosawa

La légende du grand judo réalisé par Akira Kurosawa
L'histoire :

En 1882, Sanshiro Sugata débarque dans un port japonais pour apprendre le jiu-jitsu auprès du maître Momma. Mais c'est finalement le judo, par l'intermédiaire d'un autre grand maître, qu'il choisira. Entre les deux écoles, l'affrontement sera sévère.

Avis :

Premier ½uvre de Kurosawa, « la légende du grand judo » est l'adaptation du roman Sugata Sanshiro de Tsuneo Tomita qui retrace l'histoire vraie d'un champion de judo. Même si on peut critiquer le scénario peu transcendant (rivalités entre plusieurs écoles de judo), on ne peut que saluer celui-ci lorsqu'en mélangeant les genres, il touche presque au lyrisme voir à une certaine poésie. L'originalité provient avant tout de la problématique entre honneur (ou devoir) et sentiments contraires. Mais Kurosawa s'est avant tout une réalisation qui frôle la perfection. Ce premier film ne déroge pas à la règle, au contraire, il renforce d'autant plus mon sentiment : Kurosawa est l'un des réalisateurs les plus novateurs du siècle. On se demande réellement où il va puiser son inspiration tant les plans sont modernes et respirent le génie. Original jusqu'à la dernière image grâce à un travail vraiment bluffant, chaque plan donne une impression saisissante de maîtrise parfaite. La mise en scène grâce à ces plans millimétrés prend toute sa puissance et donne à cette ½uvre une intensité rare. Comme il fera avec chacun de ses futurs films, il emplit d'humanisme, de trouvailles visuelles et esthétiques parfois sidérantes et atteint un modèle d'équilibre. Enfin, on ne peut passer sous silence la magnifique scène du duel final entre Sugata et Hiraki. La scène alterne gros plans sur les visages en champs/contrechamps et plans larges (technique souvent utilisée dans ses films) des deux hommes comme perdus au milieu d'un océan d'herbes mouvantes. Elle nous reste pour la plus grande partie caché par les herbes et la pénombre. Beauté du décor et horreur de la mort présente, silence des combattants et cri continue du vent, la scène fonctionne sur des oppositions parfaitement équilibrées. On ne peut que s'attrister devant la bêtise de la censure de l'époque (durant la seconde guerre mondiale) qui supprima 20 minutes de ce chef-d'½uvre.

# Posté le samedi 21 janvier 2006 07:17

Match point réalisé par Woody Allen

Match point réalisé par Woody Allen
L'histoire :

Jeune prof de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec un jeune homme de la haute société. Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloe, la soeur de Tom. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et qu'il voit sa situation sociale se métamorphoser, il fait la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne ...

Avis :

« Mieux vaut la chance que la bonté », ainsi commence Match Point. Cette petite phrase d'apparence anodine gouverne tout le film et fonctionne comme le leitmotiv du personnage central, le jeune arriviste, Chris. Car sa vie n'est qu'une succession de chances, d'opportunités qu'il a saisie (parce qu'il est beau, parce que qu'il a du talent, parce qu'il joue bien au tennis, parce qu'il aime l'opéra) au détriment du reste, quitte à ce que ses choix le privent de l'authenticité. Ce portrait cruel d'un jeune opportuniste est une merveille d'horlogerie cynique. Il choisit la richesse, la bonne société, le luxe, le travail bien payé, le grand train de vie, et la femme qui lui donne accès à ce nouveau monde au détriment de la passion dévorante. Le choix entre une vie mécanique, sans saveur mais synonyme de réussite sociale ou la passion déchirante dans un petit deux pièces ? Et l'amour, dans tout ça? En ce sens « Match Point » est un film très cynique : il n'y a pas d'amour, l'attirance n'est pas sentimentale, elle est lucide, froide, réfléchie, ou pulsionnelle. C'est là qu'intervient la notion de tragédie qui, à mon sens, et le maître mot du film: il y a une fatalité, car l'homme n'est plus maître de son destin dès lors qu'il est soumis à une passion. Woody a donc enfin brisé le cycle du comique juif new-yorkais pour réaliser « Match point », petit bijoux de finesse et de cynisme dont le déroulement inéluctable parait aller de soi (le ressort même de la Tragédie, tout le film étant d'ailleurs ponctué d'interludes d'opéras tragiques pour renforcer cette idée). Une petite perle à découvrir.

# Posté le vendredi 20 janvier 2006 16:18

Papillon réalisé par Franklin J. Schaffner

Papillon réalisé par Franklin J. Schaffner
L'histoire :

Henri "Papillon" Charrière, un malfrat de petite envergure, est jugé à tort pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Celui-ci est condamné à vie dans une prison d'une colonie française : le bagne de Cayenne. Mais Papillon n'a qu'une seule idée en tête : s'évader. Malheureusement, ses régulières tentatives sont toujours restées sans réussite.

Avis :

«Papillon» retrace le destin véridique de Henri Charrière, un homme envoyé au bagne de Cayenne pour un crime qu'il n'a pas commis. Le film est basé sur le livre de cet homme, à l'histoire aussi surréaliste que triste. Durant 2h30 d'un film poignant, on est plongé dans l'enfer carcéral et dans la vie hors norme et complètement folle de cet homme. La violence et la cruauté de ce monde se ressentent dans de nombreuses scènes, véritables électrochocs qui nous captivent pour mieux nous dégoûter. C'est bien simple, il y eut à l'époque, un avant et un après «Papillon». Reposant sur un scénario bien ficelé (et réaliste puisque basé sur des faits réels) et une réalisation ultra soignée (mention spéciale à la scène de l'isolement), «Papillon» est à compter parmi les classiques du genre. Se qui impressionne avant tout, c'est la formidable interprétation des acteurs et en particulier celle de Steve McQueen (les changements physiques sont impressionnants). Avec ce rôle, il rentre au Panthéon des acteurs qui s'imprègnent à l'extrême de leurs personnages ; réellement saisissant. Dustin Hoffman n'est pas en reste et fait preuve de beaucoup de talent dans un rôle écrit pour lui. Une expérience vraiment intéressante, pour une ½uvre qui n'a pas vieillie.

# Posté le mercredi 18 janvier 2006 18:11

Modifié le mercredi 18 janvier 2006 18:35

La Main de fer réalisé par Cheng Chang-Ho

La Main de fer réalisé par Cheng Chang-Ho
L'histoire :

Le jeune Chi-hao est envoyé en ville pour s'entraîner sous la direction d'un maître d'arts martiaux réputé. Affecté dans un premier temps aux tâches domestiques, il acquiert progressivement les bases d'un style de combat qui pourrait faire de lui le vainqueur potentiel d'un tournoi très attendu. Mais un chef de clan sans scrupules, accompagné de son fils, met tout en oeuvre pour supprimer ce rival et les autres membres de son école, allant même jusqu'à engager une bande de mercenaires japonais pour les provoquer régulièrement. Chia-hao est victime d'une embuscade et se fait briser les deux mains. Infirme, il perd tout espoir de pouvoir pratiquer à nouveau les arts martiaux, jusqu'au jour où son maître consent à lui enseigner la redoutable technique de "La Main de fer"...

Avis :

Préparez vous à voir une déferlante de classique asiatique sur ce blog, je commence juste à m'intéresser à ce genre qui recèle d'une multitude de petits bijoux. « La main de fer », classique d'entre les classiques du film de kung-fu, film culte du maître Tarantino (les clins d'½il dans « Kill Bill » y sont légions, rien qu'au niveau de la musique), a été réalisé par la cultisime Shaw Brothers à qui l'ont doit de nombreux films du même genre. Basé sur un scénario assez maigre brassant bon nombre de thèmes spécifiques au genre (apprentissage, sacrifice, loyauté), le réel intérêt du film se retrouve avant tout dans le style brut voir sauvage des combats et la dynamique des scènes qui feront école par la suite. Les scènes cultes s'enchaînent, pour terminer dans un déluge de sang, avec un dernier quart d'heure sublime tout simplement jouissif (la scène dans l'ombre est particulièrement bien réussie). Il faut néanmoins replacer le film dans le contexte de l'époque car de nombreux éléments peuvent paraître aujourd'hui complètement kitch (les rapports amoureux, l'attitude crâneuse d'acteurs incarnant les méchants, les décors quelquefois un peu maladroits). «La main de fer» résiste quand même plutôt bien aux outrages du temps et c'est avec un plaisir quasi religieux que l'on revoit ce classique.

# Posté le vendredi 13 janvier 2006 19:29