Eté 1990. Anthony Swofford, fils et petit-fils de militaires, vient tout juste de fêter son vingtième anniversaire lorsqu'il est envoyé dans le désert saoudien. La Guerre du Golfe vient d'éclater, son bataillon de Marines est parmi les premiers à se déployer dans cette aride et immense étendue de sable.
Avis :
Sam Mendès avait frappé un grand coup avec «American Beauty», comédie satirique sur la société américaine, véritable classique du genre. Il revient avec un sujet déjà mainte et mainte fois évoqué, la guerre et ses ravages aussi bien directs qu'indirect sur les hommes. Ce « Jarhead - la fin de l'innocence » bien que non dénués de qualités, laisse néanmoins un goût d'inachevé. On sort de ce film avec un étrange sentiment de frustration bien qu'heureux d'avoir participé à cette expérience. Son point fort est sans aucun doute de raconter les drames humains autour de la guerre du Golfe, et de réussir à nous immerger totalement et avec réalisme dans la vie de ce bataillon. Les brimades, le sadisme de groupe, destinés à renforcer la cohésion et à détruire tout individualisme, montrent crûment une part de la réalité. On voyage avec les protagonistes dans un univers ou se côtoient l'humour, le drame, l'atroce et une certaine forme de poésie, avec notamment des images à la photographie parfaite frôlant le fantastique. On s'attache réellement à tous les personnages, interprétés avec brio par un superbe trio d'acteurs (Jake Gyllenhall, Jamie Foxx et Peter Sarsgaard, à la voix VO aussi jouissive que dans Garden State). Le choix du réalisateur évitant de trop prendre partie sur des questions politiques, peut-être critiquable, mais il permet de développer avec plus de finesse les différents portrait des personnages. Sam Mendès et son « Jaread » ratent de peu la mention de grand film (on ressent vraiment un manque mais sans pouvoir réellement le définir, peut être la sensation permanente de neutralité), mais cette ½uvre garde néanmoins un caractère propre qui en fait un bon divertissement. En attente de votre avis ...



