Jarhead - la fin de l'innocence réalisé par Sam Mendes

Jarhead - la fin de l'innocence réalisé par Sam Mendes
L'histoire :

Eté 1990. Anthony Swofford, fils et petit-fils de militaires, vient tout juste de fêter son vingtième anniversaire lorsqu'il est envoyé dans le désert saoudien. La Guerre du Golfe vient d'éclater, son bataillon de Marines est parmi les premiers à se déployer dans cette aride et immense étendue de sable.

Avis :

Sam Mendès avait frappé un grand coup avec «American Beauty», comédie satirique sur la société américaine, véritable classique du genre. Il revient avec un sujet déjà mainte et mainte fois évoqué, la guerre et ses ravages aussi bien directs qu'indirect sur les hommes. Ce « Jarhead - la fin de l'innocence » bien que non dénués de qualités, laisse néanmoins un goût d'inachevé. On sort de ce film avec un étrange sentiment de frustration bien qu'heureux d'avoir participé à cette expérience. Son point fort est sans aucun doute de raconter les drames humains autour de la guerre du Golfe, et de réussir à nous immerger totalement et avec réalisme dans la vie de ce bataillon. Les brimades, le sadisme de groupe, destinés à renforcer la cohésion et à détruire tout individualisme, montrent crûment une part de la réalité. On voyage avec les protagonistes dans un univers ou se côtoient l'humour, le drame, l'atroce et une certaine forme de poésie, avec notamment des images à la photographie parfaite frôlant le fantastique. On s'attache réellement à tous les personnages, interprétés avec brio par un superbe trio d'acteurs (Jake Gyllenhall, Jamie Foxx et Peter Sarsgaard, à la voix VO aussi jouissive que dans Garden State). Le choix du réalisateur évitant de trop prendre partie sur des questions politiques, peut-être critiquable, mais il permet de développer avec plus de finesse les différents portrait des personnages. Sam Mendès et son « Jaread » ratent de peu la mention de grand film (on ressent vraiment un manque mais sans pouvoir réellement le définir, peut être la sensation permanente de neutralité), mais cette ½uvre garde néanmoins un caractère propre qui en fait un bon divertissement. En attente de votre avis ...

# Posté le vendredi 13 janvier 2006 17:00

Modifié le jeudi 07 juin 2007 05:16

Lord of war réalisé par Andrew Niccol

Lord of war réalisé par Andrew Niccol
L'histoire :

Né en Ukraine avant l'effondrement du bloc soviétique, Yuri arrive aux Etats-Unis avec ses parents. Il se fait passer pour un émigrant juif... Audacieux et fin négociateur, il se fait une place dans le trafic d'armes.

Avis :

Avant d'aller voir ce film, j'avais des a priori sur l'intérêt réel de celui-ci. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que la ligne de communication américaine était basée sur l'action du film alors que celle française abordait le côté militantisme politique (toutes les présentations à la presse se soldaient par « ce film n'a pas trouvé de producteur américain parce qu'il prenait trop parti politiquement »). Je pensais alors tomber sur un film d'action basique prenant comme excuse la critique des ventes d'armes dans le monde pour nous servir une débauche d'effets spéciaux (un marketing pour les européens plus attentif aux problèmes politiques). J'avais oublié le talent d'Andrew Niccol, scénariste et réalisateur du « Truman show ». Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver face à un film fin et intelligent évitant toutes les formes du manichéisme habituel. Prenant une position pragmatique sur la question, le film présente la vie d'un trafiquant d'armes sans scrupules qui grâce à l'ingéniosité d'habiles stratagèmes juridiques réussit à faire fructifier son commerce. Truffé de dialogue acide et savoureux mélangeant situation aussi bien comique que dramatique, le film se paye même le luxe d'informer et de donner des chiffres précis sur la question des armes dans le monde (tout le monde en prend pour son grade : occidentaux, africains, asiatiques, russes ...). En plus de proposer une réalisation dynamique et originale (la scène d'intro est une très belle démonstration), le scénario bien construit, critiquant l'ensemble de l'ordre établis, respire le non formaté (la fin du film, la négation du « happy end », est un bonheur !). Rajouté à ce tableau déjà bien fourni un Nicolas Cage en très grande forme qui prend presque l'ensemble du film sur ses épaules, un casting parfait et une bande originale exceptionnelle et vous obtenez le meilleur film de ce début d'année, une vraie petite claque cinématographique. Petite critique, le personnage du dictateur libérien est presque trop charismatique ; il affame son pays, tue de sang froid et pourtant, il a quelque chose de sympathique, c'est extrêmement déroutant.

# Posté le samedi 07 janvier 2006 12:18

La Marche de l'empereur réalisé par Luc Jacquet

La Marche de l'empereur réalisé par Luc Jacquet
L'histoire :

L'histoire des manchots empereurs et de leur cycle de reproduction est unique au monde. Elle mêle amour, drame, courage et aventure au coeur de l'Antarctique, région la plus isolée et inhospitalière de la planète. Un scénario offert par la nature, qui se perpétue depuis des millénaires et que les hommes n'ont découvert qu'au début du XXème siècle. La Marche de l'empereur raconte cette histoire extraordinaire... (je ne l'avais pas lu, c'est vraiment ... romanesque!)

Avis :

Les américains nous envoient "Collision" et "Lord of war", et nous leurs renvoyons ... « La marche de l'empereur » et « les choristes ». C'est ça le libre échange à la chinoise mec, importer le meilleur pour essayer d'exporter de la « production facile ». J'entends déjà les fans du film se ramener pour prendre la défense de la chorale mais je m'attarderai pas sur ce « Sister act » d'époque à la sauce française aussi savoureux qu'un téléfilm d'M6 (rappelons qu'il a failli avoir le césar du meilleur film et même un oscar, c'est se qu'on appelle l'exception française), j'ai donc décidé d'arrêter de faire dans l'humanitaire et d'un peu plus taper sur les films (certains seront contents). Revenons à nos moutons, j'en avais rêvé, les français l'ont fait, faire du pingouin un phénomène de société et même le meilleur film français jamais exporté, « La marche de l'empereur » était né ! Tout est bon dans le cochon mais aussi dans le pingouin et on peut trouver sur le marché des goodies en tout genre allant de la peluche à la tasse de thé, sans oublier la casquette pour se protéger du soleil (clin d'½il amicale au réchauffement de la planète). Une parodie américaine en images de synthèses étant même prévu dans les semaines qui viennent, enfin le pingouin est à la mode et il dégage du profit (60 millions pour être exact sans compter tout se qu'il y a autour), qui va s'en plaindre, pas moi. Alors commençons par le commencement. "La marche de l'empereur" est un nouveau style de documentaire basé sur une réalisation classieuse (images qualité numériques), des voix off d'acteurs connus qui débinent des textes vaguement poétiques et bien sur un scénario qui suit les véritables péripéties « romantiques » des manchots durant leurs parcours du combattant pour procréer et ainsi assurer la survie de leur espèce. Vague programme ! C'est mignon tout plein, un peu ennuyeux, mais on se laisse porter par ce montage romanesque et ses commentaires infantiles naïf et redondant du plus haut degré style « papa et maman pingouin ». Cette scénarisation artificielle donne lieu à de réels moments d'émotions ... totalement téléguidés.

# Posté le samedi 07 janvier 2006 12:06

Il était une fois dans l'ouest réalisé par Sergio Leone

Il était une fois dans l'ouest réalisé par Sergio Leone
L'histoire :

Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors des terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer). Mais les soupçons de portent sur un aventurier, Cheyenne...

Avis :

Il avait raison ce chicanos de Bichon, le western n'était pas représenté sur ce blog et pourtant s'il y a un genre qui recèle de nombreux films cultes, c'est bien celui-là. Mon préféré, même si je n'aie pas une grande culture des films de westerns, est « Il était une fois dans l'ouest » réalisé par le grand Sergio Leone. A chaque vision, je suis réellement envoûté dès la première minute, et cela jusqu'à la fin du film. Pourquoi ? C'est simple ! L'histoire tout d'abord, celle du chemin de fer traversant un Far West violent et cruel, nous transperce, et cela grâce à l'extraordinaire atmosphère qui s'en dégage. Le travail de Sergio Leone sur cette ½uvre est tout simplement bluffant. Les acteurs sont sublimes, de Charles Bronson dans son rôle le plus marquant de l'homme à l'harmonica, à Henry Fonda aux yeux plus bleus que bleu incarnant le gros méchant qui crache et craque ses allumettes sur ses bottes, sans oublier la belle Claudia Cardinale incarnant cette veuve sublime, tous les personnages dégagent un charme, une force peu égalé. La mise en scène est quand à elle mythique, avec ce célèbre plan d'intro durant 15 minutes avec seulement 5 phrases durant lesquelles la poussière vole, des regards s'échangent et où l'atmosphère se créée et cela grâce à des plans millimétrés (voir faits à la loupe). On se demande comment Leone a réussi à maintenir une telle tension durant une si longue scène sans aucunes actions, aucunes paroles. Un tour de force qui s'explique en grande partie par une composition parfaite, une réalisation maîtrisée et une musique culte. Je pourrais parler durant toute une page de ces scènes (rien que pour la scène du duel final !). La musique est une partie importante dans les chefs d'½uvres et ce film ne serait rien sans la partition de Ennio Moriconne qui une fois de plus fait merveille et nous offre une des plus belles bandes originales de toute l'histoire du cinéma.

# Posté le jeudi 05 janvier 2006 12:46

Les tontons flingueurs réalisé par Georges Lautner

Les tontons flingueurs réalisé par Georges Lautner
L'histoire :

La vie de Fernand Naudin, ex-truand devenu depuis petit propriétaire d'une usine de tracteurs, est bouleversée quand son ami d'enfance, un gangster notoire, l'appelle à son chevet...

Avis :

Déjà 44 ans et pas une seule ride pour cette oeuvre qui reste et restera gravée dans les classiques du cinéma français. Qui n'en a pas entendu parlé? Les répliques d'Audiard somptueuses et cultes tels que "Les cons ça osent tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît" sont légions dans ce film servis par une pléiade d'acteurs d'anthologie tous plus formidables les uns que les autres. Ventura signe avec sa classe habituelle, une interprétation parfaite mais il ne faut pas oublier les seconds rôles qui participent grandement à la qualité de cette oeuvre. S'aventurant habilement entre le polar, le film de gangster et la comédie, le réalisateur a réussit le parfait mélange pour que le spectateur passe un vrai et plaisant moment de cinéma. Un film culte !

# Posté le mercredi 04 janvier 2006 11:23