Saraband réalisé par Ingmar Bergman

Saraband réalisé par Ingmar Bergman
L'histoire :

Trente ans se sont écoulés depuis que Marianne et Johan, le couple de Scenes de la vie conjugale se sont perdus de vue. Sentant qu'il a besoin d'elle, celle-ci décide de rendre visite au vieil homme dans la maison de campagne où il vit reclus. Entre eux, la complicité et l'affection sont réelles, malgré toutes ces années passées sans se voir. Marianne fait la connaissance du fils de Johan, Henrik, et de la fille de ce dernier, Karin, qui habitent dans les environs. Tous deux pleurent encore Anna, l'épouse d'Henrik disparue...

Avis :

Pour son probable dernier film, on retrouve dans Saraband tous les thèmes qu'a exploré le génie suédois, et toujours avec la même salutaire intensité. Saraband est le genre d'oeuvre très difficile d'accès (rien qu'avec le format en DV format 4/3 choisi, on peut déjà ne pas réussir à rentrer dans le film, de plus on ne peut qu'être dérouter par le choix du découpage narratif théâtrale des scènes) qui soit touche avec une intensité inimaginable les spectateurs, soit ennuie tout autant. Car les thèmes de Bergman sont lourds et percer la complexité des rapports familiaux et des rapports humains en général n'est pas une mince affaire. A travers un panel réduit de personnage, Bergman réussit à nous livrer une réflexion lucide et décapante sur l'homme, notamment quand ce dernier se retrouve à l'automne de sa vie, face à lui-même et à la mort qui l'angoisse et l'oblige à se regarder en face, au risque de se mépriser et de ne plus se supporter... Les scènes sont noires,réellement sombres, quelquefois trop réalistes voir malsaines, j'ai peu apprécié la relation entre le père détruit et sa fille aimante, on est tout le temps à la limite de la relation incestueuse, c'est extrêmement déroutant. Mais on reste néanmoins scotché par le cinéma de Bergman, complexe, très fin, empli d'une intense réflexion, d'une maturité et d'un travail tout simplement bluffant. Même si beaucoup le trouveront complètement bardant, on ne peut que saluer le travail effectué sur un sujet si difficile (essayez simplement de mener une simple réflexion cinématographique sur des tels sujets). Le choc vient surtout de l'interprétation des acteurs : l'intensité des scènes joués par ceux-ci est tout simplement génial. Ils réussissent à donner à leurs personnages une intensité dramatique peu égalés (l'intensité et la profondeur des regards est saisissant). Pour ceux qui veulent accéder à un cinéma un plus corsé, même si je pense qu'il doit mieux s'apprécier à un âge plus avancé, quand certains sujets problématiques nous toucheront de plus prêt.
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# Posté le mardi 03 janvier 2006 09:37

Déjà mort réalisé par Olivier Dahan

Déjà mort réalisé par Olivier Dahan
L'histoire :

Laure a vingt ans, elle veut quitter l'univers etrique de cette ville de province ou elle vit. Sa chance c'est Andrea, jeune homme pauvre ebloui par sa rencontre avec David et Romain, qui vivent sur les hauteurs de Nice. Pour s'offrir ce qu'ils n'ont jamais eu, pour vivre, ils vont plonger dans le monde du porno.

Avis :

Pour certains, « Déjà mort » est un film générationnel, pour d'autres un « Requiem for a dream » à la sauce française, pour moi, on est loin de tout ça. Chronique de bourgeois défoncés à la coke sombrant dans l'univers glauque du porno ou descente aux enfers d'une jeunesse privilégiés, « Déjà mort » est un film qui se laisse aussi facilement suivre qu'oublier. Scénario excessif mal construit qui cède à de nombreuses facilités, réalisation qui alterne entre le bon et le très mauvais, photographie franchement horrible, acteurs mal dirigés qui juste après de bonnes scènes se laissent aller et fausse complètement leurs jeux, sans oublier des dialogues qui frisent parfois le ridicule. On sent que le réalisateur se démène pour nous amener quelque part mais on ne sait pas vraiment où. Le film part un peu dans tous les sens avec des scènes où les acteurs en rajoutent et décrédibilisent leurs rôles. L'attrait qu'a suscité ce film se trouve peut-être dans les phases où une voix off (celle de la magnifique Zoé Félix) débine des pensées vaguement métaphysiques sur des images alternants phase de démaquillages ou plans généraux et qui une fois sur deux font mouches (certaines sont vraiment ridicules mais il faut reconnaître que celle de la fin est efficace et clos plutôt bien le film). Faites vous votre propre idée, les avis étant partagés.

# Posté le jeudi 29 décembre 2005 16:18

Modifié le vendredi 30 décembre 2005 07:09

L'Armée des ombres réalisé par Jean-Pierre Melville

L'Armée des ombres réalisé par Jean-Pierre Melville
L'histoire :

Les activités et la vie extrêmement difficiles d'un réseau de résistants sous l'occupation allemande.

Avis :

Cela fait longtemps que je n'avais pas pris une claque aussi monumentale. L'Armée des ombres est un monument du cinéma français, peut-être le meilleur film qui n'ait jamais été fait en France. Melville signe un chef-d'œuvre, tant il exacerbe avec une grande décence et une puissance dramatique inégalée une page difficile et souvent controversée de l'histoire de France. Pas de vision romantique de la Resistance comme on la montre trop souvent aujourd'hui mais un récit oú les hommes accomplissent leurs besognes comme si elles faisaient partie de leur vie, sans orgueil, sans véritable gloire, juste par respect. Pas des surhommes sans peur, sans conscience, mais des hommes et des femmes qui commettent des crimes pour arriver à leurs fins et la caméra ne fait que les suivre, sans effets, simplement. Le véritable courage ainsi que l'essence même du sacrifice sont montrés dans des moments forts qui vous prendront littéralement aux trippes. La meilleure preuve reste quand le personnage de Jean-Pierre Cassel se fait passer pour un lâche auprès de ses camarades du réseau et se fait arrêter par la gestapo dans le but d'aider un autre camarade qui a été arrêté. Il va donc mourir en prison, sans que personne ne sache un jour qu'il a été d'un courage exemplaire. Un film qui donc marque par les histoires personnelles de ses protagonistes, notamment Philippe Gerbier, magnifiquement incarné par Lino Ventura dans ce qui est probablement son meilleur rôle. Ingénieur de formation, Gerbier applique une logique froide à ses actes de résistant. Il n'hésite pas à prononcer la liquidation des traîtres dès que nécessaire, son raisonnement cartésien semblant exclure tout sentiment, la peur dans une incroyable scène de fusillade, comme l'amour (juste de l'admiration et quelques effleurements de main de Mathilde - Simone Signoret). Un chef d'œuvre porté par une réalisation tout simplement parfaite (on s'habitue avec Melville) ainsi qu'une bande originale légendaire renforçant avec succès l'intensité dramatique des situations.

# Posté le mardi 27 décembre 2005 19:13

King kong réalisé par Peter Jackson

King kong réalisé par Peter Jackson
L'histoire :

New York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. Se retrouvant sans emploi ni ressources, la jeune femme rencontre l'audacieux explorateur-réalisateur Carl Denham et se laisse entraîner par lui dans la plus périlleuse des aventures...

Avis :

Nous rentrons progressivement dans l'histoire de King Kong, d'abord avec la présentation de l'époque des années folles, des personnages puis la recherche de la fameuse île, et enfin la découverte de la bête... humaine... De toutes les versions que j'ai vues, je crois que c'est le film que je préfère quant à la relation entre King Kong et la belle. Côté défauts 2 scènes qui m'ont paru un peu traîner en longueur, alors qu'on s'attend à ce que ce soit des moments hyper forts. Elles ont le même défaut, la surenchère ! Des situations qui frisent le ridicule à vouloir en rajouter, même dans un film fantastique où tout est permis. - La poursuite des brontosaures avec les personnages qui courent au milieu. - Le combat de Kong avec les tyrex (surtout 2 moments grotesques où l'actrice se retrouve agrippée...). Cela donne en fait une première partie assez longue mais bien foutue, et puis une seconde partie, où on aura droit à une image d'action par quart de seconde. Une heure et demie durant, une sorte de Jurassic Park avec monstres, indigènes primitifs, scolopendres géants, dinosaures de toutes espèces, combats hallucinants etc ... Je ne trouve pas que ce genre, assez propre au style épouvante soit mauvais, mais durant toute cette séquence, j'ai eu l'impression que l'histoire n'avançait pas. Par contre, la scène mythique de l'Empire State Building est une belle démonstration des qualités de réalisation de Peter Jackson. Bravo, les cadrages de certains plans (uniquement possible numériquement) sont impressionnants et la lumière superbe. En quelques mots, un film grand spectacle bien foutue qui se laisse emporter par la surenchère mais qui reste agréable à visionner.

# Posté le lundi 26 décembre 2005 14:08

Modifié le lundi 26 décembre 2005 18:18

King kong réalisé par Ernest B. Schoedsack, Merian C. Cooper (1933)

King kong réalisé par Ernest B. Schoedsack, Merian C. Cooper (1933)
L'histoire :

Figurante sans travail, la blonde Ann Darrow est engagée par le réalisateur Carl Denham pour être la vedette de son prochain film. Le Venture, le navire commandé par le capitaine Englehorn et qui comprend toute l'équipe, atteint Skull Island, une île mystérieuse où vivrait une créature légendaire vénérée par les indigènes et appelée King Kong.

Avis :

A l'occasion de la sortie du remake de King Kong, réalisé par Peter Jackson, il me semblait indispensable de revenir sur ce chef d'œuvre. Véritable Mythe cinématographique, ce film fait parti de ceux qui ont créer, pousser le cinéma pour devenir ce qu'il est maintenant : un art à lui seul. Emblème du 7ème art qui crééa des figures mythiques au diapason de la psyché humaine. En effet, "King-Kong" propose une immense richesse symbolique: opposition classique entre la nature (le singe) et la culture (le génie humain représenté par le plus haut des grattes ciel), la jungle primitive identifiable comme un territoire freudien de nos pulsions noires, thème de la Belle et de la Bête. Si certains effets spéciaux fonctionnent assez mal (images de stégosaure projetées derrière les acteurs ; Fay Wray en pâte à modeler), d'autres impressionnent compte tenu de leur âge canonique (la lutte avec le tyrannosaure notamment, même si elle ressemble furieusement à un combat de catch). La narration est efficace (l'exposition est condensée en à peine deux minutes et deux scènes !) quoique parfois précipitée (passage où Ann et Jack Driscoll se découvrent des sentiments). Passons outre quelques bizarreries comme les changements d'échelle et on se régale d'un grand et bon film d'aventures fantastiques. Un classique indémodable qui se suffit à lui-même tant il recèle de magie. On le redécouvre avec bonheur.

# Posté le lundi 26 décembre 2005 13:25