A bout de souffle réalisé par Jean-Luc Godard

A bout de souffle réalisé par Jean-Luc Godard
L'histoire :

L'itinéraire d'un jeune délinquant qui, après avoir volé une voiture et tué un policier, est traqué par la police...

Avis :

A la fin des années 50, cinq jeunes cinéastes s'érigent contre un certain académisme. Le contre-courant devient rapidement un mouvement à part entière : celui de la Nouvelle Vague. Les initiateurs en sont : Claude Chabrol, Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, Eric Rohmer et François Truffaut. A bout de souffle est le premier chef d'oeuvre de Godard et une des oeuvres majeures du cinéma français. Mélangeant histoire d'amour, comédie et récit décousu, c'est un film touche à tout interprété avec panache et gouaille par Jean-Paul Belmondo et la sublime et irrésistible Jean Seberg. Malgré ses nombreuses années, son style novateur et dénudé a toujours un impact qui ne peut qu'étonner. Que dire de plus sur cette photographie noir et blanc magnifique qui garde encore ce charme si particulier frôlant la perfection à part qu'il touche au sublime. La liberté de ton et de narration n'est peu être plus si arrogante et choquante pour notre époque mais on se consolera avec les dizaines de répliques cultes. On ne peut qu'être touché comme les générations de cinéphiles avant nous par ce film qu'il faut absolument avoir vu.

# Posté le mardi 13 décembre 2005 17:30

Modifié le vendredi 16 décembre 2005 18:21

Le garde du corps réalisé par Kurosawa

Le garde du corps réalisé par Kurosawa
L'histoire :

Dans une petite ville située au nord de l'ancienne Tokyo, l'insécurité règne. Deux gangs se partagent la ville, les rues sont pleines de cadavres et le commerce est au point mort. Un jour parait Sanjuro Kuwabatake, soldat de fortune, qui va offrir ses services à l'un et l'autre clan...

Avis :

Le cinéma asiatique recele de chef d'oeuvre et yojimbo, titre originel du garde du corps en est la parfaite démonstration. Le premier choc lorsqu'on commence à visionner ce film vient de la photographie noir et blanc tout simplement sublime servant une réalisation stylisé au possible faisant la part belle à de longs plans étroits sur les visages des personnages. Ces plans suivant les personnages au gré de leurs mouvements alternent avec de magnifiques séquences fixes, parodiant avec génie les scènes de duel dans les westerns. Car Kurosawa s'amuse et reprend tous les codes du film de samouraï et du western américain (grand cinéphile, il les connaît bien), pour mieux les détruire et faire sourire le spectateur. Une telle démonstration ne pouvait qu'influencer les occidentaux: Sergio Leone, qui tombe par hasard sur le film, décide de l'adapter: ce sera "Pour une poignée de dollard" (Per un pugno de dollari), avec Clint Eastwood (1964), nettement moins fin que son modèle, mais tout aussi jouissif. Ce mélange entre westerns et samouraï nous fait aussi immanquablement penser aux Kill bill's de Tarantino qui reprennent eux aussi ces codes pour mieux s'en jouer. Si vous êtes un tant soit peu attiré par le cinéma asiatique ne passez pas à côté de ce film.

# Posté le samedi 10 décembre 2005 20:11

Saw réalisé par James Wan

Saw réalisé par James Wan
L'histoire :

Deux hommes se réveillent enchaînés au mur d'une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l'un doit absolument tuer l'autre, sinon dans moins de huit heures, ils seront exécutés tous les deux ... Voici l'une des situations imagnées par un machiavélique maître criminel qui impose à ses victimes des choix auxquels personne ne souhaite jamais être confronté un jour. Un détective est chargé de l'enquête ...


Avis :

saw = verbe tronçonner

Saw, s'il est visionné dans de bonnes conditions mets une sacrée claque. Bénéficiant d'un scénario renouvelant le genre des thrillers avec un sadisme traumatisant et des scènes choques, son seul but est de vous scotcher sur votre siège durant un peu plus de 80 minutes angoissantes mais tellement jouissives. La réalisation ne s'emploie qu'à renforcer cette ambiance si particulière et même si certains effets clipesques censés donner des coups de fouet au récit ne servent que très peu et gâchent en partie certaines scènes, globalement on ne peut que saluer la performance. On peut aussi saluer toutes les inventions qui ponctuent le film (cf. : je vous laisse la surprise). Certains aspects du récit peuvent être critiquer mais réussir actuellement à surprendre dans ce genre de film relève du miracle.

# Posté le samedi 10 décembre 2005 12:53

Modifié le samedi 10 décembre 2005 20:13

Les Convoyeurs attendent réalisé par Benoît Mariage

Les Convoyeurs attendent réalisé par Benoît Mariage
L'histoire :

Roger Closset habite un petit pavillon de la banlieue de Charleroi. Il vit en famille avec sa femme et ses deux enfants. Il a aussi un voisin colombophile qui ne jure que par Napoleon, son pigeon voyageur champion. Il y a le village et ses usines qui tournent au ralenti. Roger gagne modestement sa vie comme photographe pour le journal local. Il pirate les frequences de la police, guette les faits divers. Roger veut s'en sortir et reve de rentrer dans le livre des records pour gagner ainsi la voiture promise par l'Association des commercants.

Avis :

Les Convoyeurs Attendent, premier film de Benoît Mariage, auteur de reportages pour le magazine 'Strip-tease', est le produit d'un savant mélange d'ingrédients cinématographiques qui font que certaines comédies dramatiques sont vraiment surprenantes. L'alternance entre l'aspect dramatique et l'aspect comique peut quelques fois gêner, mais ça n'enlève rien à la qualité du film. L'histoire de cette famille moyenne avec ce père indigne et égocentrique interprété par Poelvoorde montre le drame de ces héros 'ponctuels' prêt à n'importe quoi pour sortir de l'anonymat et améliorer quelque peu leur quotidien. Le cinéma belge empreint d'un humour noir dévastateur mérite qu'on s'y intéresse. Encore une fois, Poelvoorde montre l'étendue de son talent.

# Posté le samedi 10 décembre 2005 12:27

Modifié le jeudi 07 juin 2007 07:00

Freaks, la monstrueuse parade réalisé par Tod Browning

Freaks, la monstrueuse parade réalisé par Tod Browning
L'histoire :

Des êtres difformes se produisent dans un célèbre cirque, afin de s'exhiber en tant que phénomènes de foire. Le liliputien Hans, fiancé à l'écuyère naine Frieda, est fasciné par la beauté de l'acrobate Cléopâtre. Apprenant que son soupirant a hérité d'une belle somme, celle-ci décide de l'épouser pour l'empoisonner ensuite avec la complicité de son amant Hercule. Mais le complot est découvert, et les amis de Hans et Frieda vont se venger...

Avis :

Un ovni de l'histoire du cinéma américain surtout si on pense qu'à l"époque le cinéma avait pour vocation de faire rêver les masses. Tod Browning nous livre un brillant plaidoyer pour la tolérance en montrant que les "monstres" ne sont pas forcément ceux que l'on considère comme tels. Un conte cruel et tendre qui traitent de la monstruosité avec une issue finale violente, horrible, manichéenne et logique, mais qui garde un regard humain avec des personnages attachants, qui ont des valeurs et qui doivent s'unir pour faire face au mépris des gens "normaux". Certaines images resteront gravées dans votre mémoire malgré les 70 ans du film; le fait que les acteurs soient tous issus d'une véritable foire aux monstres de l'époque, n'y est, peut être pas étranger.

# Posté le dimanche 04 décembre 2005 13:40

Modifié le jeudi 07 juin 2007 03:44